« Construire BBC, appliquer la RT 2012, on saura le faire. La difficulté c’est le champ immense de la rénovation. » Philippe Pelletier, Président du Comité stratégique du Plan Bâtiment Grenelle a ainsi introduit à la presse l’annonce de la FNAIM prenant l’engagement d’atteindre 100 000 rénovations énergétiques d’ici fin 2012. Pour celui qui veille à l’application du Grenelle dans le bâtiment, la FNAIM, avec ses 12 000 adhérents, administrateurs de biens, syndics de copropriété et agents immobiliers détient une position clé pour faire le relais entre l’Etat et les ménages. Elle devra convaincre les bailleurs, propriétaires, copropriétaires et conseils syndicaux de réaliser des travaux permettant de réduire la consommation des leurs bâtiments bien que la loi ne les y contraint pas.
Pour Benoît Fauchard, Président délégué de la FNAIM en charge du développement durable, il s’agit de faire passer 100 000 logements de l’étiquette énergétique E, moyenne du parc ancien, vers la C ou la B, autrement dit d’ aller vers une consommation qui se situerait autour de 100 kWhep/m²/an pour le chauffage, l’ECS, le refroidissement et la ventilation, là où elle se situe aujourd’hui plutôt autour de 250.
Des sondages commandés par la FNAIM au courant de l’année 2010 montrent que rien n’est acquis. Si 90% des particuliers répondent que la performance énergétique est un critère de poids dans le choix d’un achat immobilier, la clientèle des professionnels de l’immobilier ne représente plus que 45% et seules 19% des personnes sur le point d’acquérir un bien, déclarent lors de transactions qu’ils sont prêts à investir davantage pour bénéficier d’un bien présentant une bonne performance énergétique.
Bien que Benoît Fauchard reconnaît que le DPE n’est pas adapté aux bâtiments de logements collectifs, il considère comme une « révolution » l’obligation, dès janvier 2011, d’afficher le DPE sur les annonces de ventes estimant qu’elle aura le même effet que l’étiquette énergétique lorsque l’on achète un réfrigérateur.
En complément du carnet d’entretien de l’immeuble en copropriété, un nouveau carnet du développement durable devrait permettre au conseil syndical de pouvoir évaluer et comparer d’année en année l’évolution de la consommation de chauffage et d’eau chaude sanitaire. Ce carnet dressera un bilan annuel pour l’ensemble de l’immeuble mais ne donnera pas d’indications sur les consommations individuelles. Deux amendements introduits dans le projet de loi Grenelle 2 par le député UMP Claude Baudin, ancien président de copropriété, devraient remettre au goût du jour la loi du 29 octobre 1974 qui prévoit le principe de l’individualisation des frais de chauffage dans tout immeuble chauffé collectivement.
D’autre part, le syndic incitera le conseil syndical et l’ensemble des copropriétaires à réaliser des travaux tant sur les parties communes que sur les parties privatives présentant un intérêt collectif, comme les fenêtres en cas de chauffage collectif.
Afin de convaincre les bailleurs de l’intérêt de rénover son patrimoine, René Pallincourt rappelle que pour les professionnels de l’immobilier un immeuble construit il ya 5 ans entre dans le marché de l’ancien et qu’ainsi les bâtiments construits aujourd’hui selon la norme BBC seront d’ici peu en concurrence avec des immeubles qui ,s’ils ne sont pas rénovés, subiront une moins value lors de la revente.
L’administrateur de biens devra aussi motiver les bailleurs à faire des travaux pour éviter aux locataires d’ être amener à payer des charges qui peuvent faire figure de « second loyer ».
L’eco-ptz est le dispositif financier sur lequel la Fnaim compte le plus pour encourager les ménages à passer à l’acte.
Aussi, la Fnaim estime que les retours sur investissement sont trop longs pour encourager le lancement d’une rénovation. Pour la fédération, il faut que les travaux de réhabilitation visent à la fois les économies d’énergies, la sécurité, le confort et l’accessibilité pour motiver les ménages
Source : LeMoniteur.fr